Poesie, musique, textes, ... sur les trains

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Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  CC6500 le Mer 28 Nov - 12:34

Salut,

Voilà comme promis un fil pour mettre vos poesies, textes, ... sur les trains.

@+

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:17

Trains (Philippe Soupault 1920 )

Les talus se fendillent sous la chaleur des wagons rapides et des escarbilles rouges de toute la vapeur qui coule loin sur les arbres. On ne sait quelle est cette odeur des loups morts de faim qui vous prend à la gorge dans les wagons des classes inférieures. Courage pour ces cris des locomotives hystériques et pour ces gémissements des roues suppliciées. Au dehors, les arbres énivrés de tous les regards ont le vertige monstrueux des foules au départ d'un avion pour un voyage éternel. A tous les signaux, une énorme bête se tient cachée et regarde d'un seul oeil ce grand lézard bruyant qui glisse sur des ruisseaux de diamants et sur les cailloux des mines aériennes.


Dernière édition par le Mer 28 Nov - 15:23, édité 1 fois

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:23

Les voyages en train ( Grand corps malade)

J'crois qu'les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand j'vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins,
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins,
Les témoins c'est tes potes qui te disent au revoir sur le quai,
Ils regardent le train s'éloigner avec un sourire inquiet,
Toi aussi tu leur fais signe et t'imagines leurs commentaires,
Certains pensent que tu t'plantes et qu't'as pas les pieds sur terre,
Chacun y va d'son pronostic sur la durée du voyage,
Pour la plupart le train va dérailler dès l'premier orage.

Le grand amour change forcément ton comportement,
Dès l'premier jour faut bien choisir ton compartiment,
Siège couloir ou contre la vitre il faut trouver la bonne place,
Tu choisis quoi une love story de première ou d'seconde classe ?

Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage,
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages,
Tu te sens vivant tu te sens léger tu ne vois pas passer l'heure,
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le contrôleur.

Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bat de l'aile,
Toi tu te dis que tu n'y es pour rien et que c'est sa faute à elle,
Le ronronnement du train te saoule et chaque virage t'écoeure,
Faut que tu te lèves que tu marches tu vas te dégourdir le coeur.

Et le train ralentit, c'est déjà la fin de ton histoire,
En plus t'es comme un con tes potes sont restés à l'autre gare,
Tu dis au revoir à celle que t'appelleras désormais ton ex,
Dans son agenda sur ton nom elle va passer un coup de tipex.

C'est vrai que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Pour beaucoup la vie se résume à essayer de monter dans le train,
A connaître ce qu'est l'amour et se découvrir plein d'entrain,
Pour beaucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure,
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.

Il est facile de prendre un train encore faut-il prendre le bon,
Moi je suis monté dans deux trois rames mais c'était pas le bon wagon,
Car les trains sont capricieux et certains sont inaccessibles,
Et je ne crois pas tout le temps qu'avec la SNCF c'est possible.

Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grève,
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves,
Et y a ceux qui foncent dans le premier train sans faire attention,
Mais forcément ils descendront déçus à la prochaine station,
Y a celles qui flippent de s'engager parce qu'elles sont trop émotives,
Pour elles c'est trop risqué de s'accrocher à la locomotive,
Et y a les aventuriers qu'enchaînent voyage sur voyage,
Dès qu'une histoire est terminée ils attaquent une autre page.

Moi après mon seul vrai voyage j'ai souffert pendant des mois,
On s'est quitté d'un commun accord mais elle était plus d'accord que moi,
Depuis je traîne sur le quai je regarde les trains au départ,
Y a des portes qui s'ouvrent mais dans une gare je me sens à part.

Il paraît que les voyages en train finissent mal en général,
Si pour toi c'est le cas accroche-toi et garde le moral,
Car une chose est certaine y aura toujours un terminus,
Maintenant tu es prévenu la prochaine fois tu prendras le bus.
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:24

Les chemins de fer" écrit par Louis Delmer, ingénieur, en 1899 consultable sur ce site

http://www.europeana.eu/ark:/12148/bpt6k99846h


Ouvrez-le, vous ne le regretterez pas

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:25

..." En face, sous ce poudroiement de rayons, les maisons de la rue de Rome se brouillaient, s'effacaient, légères. A gauche, les marquises des halles couvertes ouvraient leurs porches geants, aux vitrages enfumes, celle des grandes lignes, immense, où l'oeil plongeait, et que les batiments de la poste et de la bouillotterie séparaient des autres, plus petites, celles d'Argenteuil, de Versailles et de la Ceinture; tandis que le pont de l'Europe, à droite, coupait de son étoile de fer la tranchée,que l'on voyait reparaitre et filer au-dela, jusqu'au tunnel des Batignolles. Et, en bas de la fenêtre meme, occupant tout le vaste champ, les trois doubles voies qui sortaient du pont, se ramifiaient, s'écartaient en un éventail dont les branches de métal, multipliées, innombrables, allaient se perdre sous les marquises. Les trois postes d'aiguilleur, en avant des arches,montraient leurs petits jardins nus. Dans l'effacement confus des wagons et des machines encombrant les rails, un grand signal rouge tachait le jour pâle..."

La Bête Humaine (E. Zola)

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:26

Au vent des locomotives (Maurice Fombeure )

Emouvantes locomotives sous vos soupirs de diamant
Les courbes, les siphons et les plaques chantantes
Tablier trépidant des heures
vous entrez à longs cris dans les villes béantes.

Ballerine de fonte ô danseuse brillante
Locomotive au vent sous le premier tunnel
Attaqué, dépassé - le train sort comme un ver
Et la fumée s'éteint dans les soufflets du ciel
Vers Orléans, Paris, Angers, Nantes , la mer
Ou vers Bordeaux Saint Jean sur le haut pont de fer
Au-dessus des bateaux paresseuse Garonne
Au-dessus de la terre dans une amitié forte.
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:26

Rêves (Léon-Paul Fargue)

Un enfant court
Autour des marbres...
Une voix sourd
Des hauts parages...

Les yeux si graves
De ceux qui t'aiment
Songent et passent
Entre les arbres...

Aux grandes orgues
De quelque gare
Grande la vague
Des vieux départs...

Dans un vieux rêve
Au pays vague
Des choses brèves
Qui meurent sages...

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:27

VOYAGES

Un train siffle et s'en va, bousculant l'air, les routes,
L'espace, la nuit bleue et l'odeur des chemins ;
Alors, ivre, hagard, il tombera demain
Au cœur d'un beau pays en sifflant sous les voûtes.

Ah ! la claire arrivée au lever du matin !
Les gares, leur odeur de soleil et d'orange,
Tout ce qui, sur les quais, s'emmêle et se dérange,
Ce merveilleux effort d'instable et de lointain !

- Voir le bel univers, goûter l'Espagne ocreuse,
Son tintement, sa rage et sa dévotion ;
Voir, riche de lumière et d'adoration,
Byzance consolée, inerte et bienheureuse.

Voir la Grèce debout au bleu de l'air salin,
Le Japon en vernis et la Perse en faïence,
L'Égypte au front bandé d'orgueil et de science,
Tunis, ronde, et flambant d'un blanc de kaolin.

Voir la Chine buvant aux belles porcelaines.
L'Inde jaune, accroupie et fumant ses poisons,
La Suède d'argent avec ses deux saisons,
Le Maroc, en arceaux, sa mosquée et ses laines…

( Anna de NOAILLES)

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:28

..."Il faut beaucoup d’efforts pour ne pas se figurer que le cheval de fer est une bête véritable. On l’entend souffler au repos, se lamenter au départ, japer en route; il sue , il tremble, il siffle, il hennit, il se ralentit,i l se ralentit,i l s’emporte; il jette tout le long de la route une fiante de charbon ardent et une urine d’eau bouillante;d’énormes raquettes d’étincelles jaillissent à tout moment de ses roues ou de ses pieds ,commme tu voudras; et son haleine s’en va sur vos têtes en beaux nuages de fumée blanche qui se déchirent aux arbres de la route... ( Lettre à Adèle - V. Hugo)
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:28

MALINES (Verlaine )

Vers les prés le vent cherche noise
Aux girouettes, détail fin
Du château de quelque échevin,
Rouge de brique et bleu d'ardoise,
Vers les prés clairs, les prés sans fin...
Comme les arbres des féeries
Des frênes, vagues frondaisons,
Échelonnent mille horizons
A ce Sahara de prairies,
Trèfle, luzerne et blancs gazons,
Les wagons filent en silence
Parmi ces sites apaisés.
Dormez, les vaches! Reposez,
Doux taureaux de la plaine immense,
Sous vos cieux à peine irisés!
Le train glisse sans un murmure,
Chaque wagon est un salon
Où l'on cause bas et d'où l'on
Aime à loisir cette nature
Faite à souhait pour Fénelon.

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:29

...Les chantiers

Les travaux de construction de la ligne furent menés avec une célérité qui laisse même nos ingénieurs modernes pantois et le tracé fut tout aussitôt divisé en tronçons qui furent adjugés à différentes entreprises, d'origine anglaise, belge et française, et les chantiers s'installèrent.
Par la force des choses, ils pompèrent la main-d'oeuvre dans tous les "pays traversés" et ce fut une des plus extraordinaires entreprises des temps modernes, car depuis son entrée en Bourgogne , vers Sens, jusqu'à sa sortie près de Crèches-sur-Saône, on put voir une vingtaine de grands chantiers s'ouvrir pour trancher la montagne, construire viaducs et creuser tunnels.
Dans toute la campagne bourguignonne, les compagnons-passants, les transfuges et routiers et trimardeurs de tous acabits racontèrent ce que c'étaient que ces chantiers qu'ils avaient vus, ou dont on leur avait parlé : deux, trois mille hommes, de toutes races, des Anglais, des Irlandais, des Pièmontais, des Allemands ; de tous métiers aussi, depuis les terrassiers, les muletiers, les bourreliers et forgerons, les maçons et les tailleurs de pierre, jusqu'aux cuisiniers et boulangers qui faisaient la cuisine pour tout le monde, et le pain qui cuisait dans les fours de campagne comme ceux de l'armée..."

Henri Vincenot (Hommes et terres de Bourgogne)

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:29

... Satisfaite, elle se tourna de nouveau vers la fenêtre. Soudain, un express passa en trombe avec un sifflement aigu qui fit trembler les vitres. Mrs McGillicuddy sursauta. Peu aprés, son propre train ralentit, à l'approche d'un signal sans doute. A ce moment, sur la voie la plus proche, un autre convoi fit son apparition et l'effet devint impressionnant : allant dans la même direction, et presque à vitesse égale, les deux trains semblaient disputer un match.
Réflexe habituel d'un voyageur désoeuvré, Mrs McGillicuddy s'efforçait de voir les occupants des compartiments qui s'offraient à sa vue. Mais la plupart des stores avaient été baissés -froid intense et nuit noire - et les voyageurs, par ailleurs peu nombreux, étaient difficilement visibles.
Cependant, alors que, collés l'un à l'autre, pour ainsi dire, les trains donnaient l'impression d'être immobiles, le store du compartiment qui faisait alors face à celui de Mrs McGillicudy se souleva entièrement, permettant à celle-ci de satisfaire sa curiosité. Mais ce qu'elle vit lui arracha un petit cri..."

Agatha Christie (Le train de 16 h 50 )

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:30

"...Le paysage dans le cadre des portières
Court furieusement, et des plaines entières
Avec de l'eau, des blés, des arbres et du ciel
Vont s'engouffrant parmi le tourbillon cruel
Où tombent les poteaux minces du télégraphe
Dont les fils ont l'allure étrange d'un paraphe.
Une odeur de charbon qui brûle et d'eau qui bout,
Tout le bruit que feraient mille chaînes au bout
Desquelles hurleraient mille géants qu'on fouette;
Et tout à coup des cris prolongés de chouette.—
—Que me fait tout cela, puisque j'ai dans les yeux
La blanche vision qui fait mon coeur joyeux,
Puisque la douce voix pour moi murmure encore,
Puisque le Nom si beau, si noble et si sonore
Se mêle, pur pivot de tout ce tournoiement,
Au rythme du wagon brutal, suavement..."

(La bonne Chanson) Verlaine

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:30

...Donc, nous partirions simplement de Paris par ce train de une heure vingt-deux que je m'étais plu trop longtemps à chercher dans l'indicateur des chemins de fer , où il me donnait chaque fois l'émotion, presque la bienheureuse illusion du départ, pour ne pas me figurer que je le connaissais...
(...)
Les levers de soleil sont un accompagnement des longs voyages en chemin de fer, comme les oeufs durs, les journaux illustrés, les jeux de cartes, les rivières où des barques s'évertuent sans avancer.
A un moment où je dénombrais les pensées qui avaient rempli mon esprit pendant les minutes précédentes, pour me rendre compte si je venais ou non de dormir (et où l'incertitude même qui me faisait me poser la question était en train de me fournir une réponse affirmative), dans le carreau de la fenêtre, au-dessus d'un petit bois noir, je vis des nuages échancrés dont le doux duvet était d'un rose fixé, mort, qui ne changera plus, comme celui qui teint les plumes de l'aile qui l'a assimilé ou le pastel sur lequel l'a déposé la fantaisie du peintre.
Mais je sentais qu'au contraire cette couleur n'était ni inertie, ni caprice, mais nécessité et vie. Bientôt s'amoncelèrent derrière elle des réserves de lumière. Elle s'aviva, le ciel devint d'un incarnat que je tâchais, en collant mes yeux à la vitre, de mieux voir, car je le sentais en rapport avec l'existence profonde de la nature, mais la ligne du chemin de fer ayant changé de direction, le train tourna, la scène matinale fut remplacée dans le cadre de la fenêtre par un village nocturne aux toits bleus de clair de lune, avec un lavoir encrassé de la nacre opaline de la nuit, sous un ciel encore semé de toutes ses étoiles, et je me désolais d'avoir perdu ma bande de ciel rose quand je l'aperçus de nouveau, mais rouge cette fois, dans la fenêtre d'en face qu'elle abandonna à un deuxième coude de la voie ferrée; si bien que je passais mon temps à courir d'une fenêtre à l'autre pour rapprocher, pour rentoiler les fragments intermittents et opposites de mon beau matin écarlate et versatile et en avoir une vue totale et un tableau continu.
Le paysage devint accidenté, abrupt, le train s'arrêta à une petite gare entre deux montagnes. On ne voyait au fond de la gorge, au bord du torrent, qu'une maison de garde enfoncée dans l'eau qui coulait au ras des fenêtres. Si un être peut être le produit d'un sol dont on goûte en lui le charme particulier, plus encore que la paysanne que j'avais tant désiré voir apparaître quand j'errais seul du côté de Méséglise, dans les bois de Roussainville, ce devait être la grande fille que je vis sortir de cette maison et, sur le sentier qu'illuminait obliquement le soleil levant, venir vers la gare en portant une jarre de lait. Dans la vallée à qui ces hauteurs cachaient le reste du monde, elle ne devait jamais voir personne que dans ces trains qui ne s'arrêtaient qu'un instant. Elle longea les wagons, offrant du café au lait à quelques voyageurs réveillés. Empourpré des reflets du matin, son visage était plus rose que le ciel. Je ressentis devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur...

A l'ombre des jeunes filles en fleurs (Marcel Proust)
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:31

"...Je m’imaginais que l’on ne sentait aucune espèce de cahot ni de mouvement sur les bandes polies du chemin de fer ; c’est une erreur : les voitures traînées par le remorqueur ont une oscillation d’avant en arrière, une espèce de tangage horizontal qui affadit et donne mal au cœur. Ce n’est point un cahotement de bas en haut comme celui qui est causé par les inégalités des chemins ordinaires ; c’est un mouvement pareil à celui d’un tiroir à coulisse qu’on ouvrirait et qu’on refermerait plusieurs fois de suite avec précipitation. Le remorqueur se met en marche, la première voiture tire la seconde qui vient frapper sur le tampon intercalaire, et ainsi de suite, jusqu’au bout de la file ; ce contre-coup sourd est quelque chose d’affreux, surtout quand le remorqueur s’arrête, - cérémonie qui s’exécute avec une musique de ferraille peu réjouissante..."

(Théophile Gautier)

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:31

A la gare de Perpignan (Charles Trenet )


A la gare, la gare de Perpignan
Y a un train qui remonte le temps
Quand il passe du côté des étangs
Du côté des étés d'antan
Je m'retrouve dans le wagon de Paris
Y a déjà le Louvre, les Tuileries
Y a aussi ma famille
Sur le quai
Bien gentille
Mais interloquée

Mine de rien
A la gare d'Austerlitz
Je l'sais bien
Je n'irai pas au Ritz
Et j'me dis
Ici c'est bien plus grand
Que la gare de Perpignan
Va falloir te débrouiller, mon vieux
Travailler, pour être un jour heureux
Et rev'nir, qui sait, le coeur content
A la gare de Perpignan

Tourbillon, la ronde des années
Illusions, mais pas toutes fanées
Car le rêve, le rêve demeure inouï
Oui sans trêve, il s'est épanoui
Trente-deux ans, ce fut bien vite passé
A présent on est quitte et je sais
Que j'préfère au train qui remonte le temps
La douceur de mon vieux printemps

Perpignan, Perpignan dans ta gare
Les jeunes gens partent pour la bagarre
Des moins jeunes débarquent là, ravis
Espérant revivre leur vie
Mais la vie
Ça n'se recommence pas
Jour et nuit
Ça marche pas à pas
Vers un train le dernier que l'on prend
A la gare de Perpi Néant .
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:32

"...Ce fret fut arrimé sur le dos de mon père, et ce fut le départ pour "la gare de l'Est".
Cette "gare" n'était rien d'autre que le terminus souterrain d'un tramway, et son nom même était une galèjade. L'Est, en la circonstance, ce n'était pas la Chine, ni l'Asie Mineure, ni même Toulon : c'était Aubagne, où s'arrêtaient modestement les rails de l'Est, sous des platanes occidentaux.
Cependant la gare fit sur moi une grande impression, à cause du tunnel dont elle était l'origine. Il s'enfonçait dans la nuit, encore tout noir de l'antique fumée d'un tram à vapeur, qui, sous une cheminée en entonnoir, avait été, comme toute chose, le dernier du Progrès. Mais le Progrès ne cesse jamais de parler, et il avait dit un autre dernier mot, qui était le "tram électrique".
(...)

Le tunnel, vaguement éclairé par des lumignons dans des niches, n'était composé que de courbes et de virages : aprés un quart d'heure de grincements et de cahots, nous sortîmes des entrailles de la terre, juste au début du boulevard Chave, à 300 mètres à peine de notre point de départ...Mon père nous expliqua que cet ouvrage singulier avait été commencé par les deux bouts, mais que les équipes terrassières, après une longue et sinueuse flânerie souterraine, ne s'étaient rencontrées que par hasard..."

Le château de ma mère ( Marcel Pagnol)
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:32

...Tout à coup, entre deux petites gares dont il n'aurait pu dire le nom et dont il ne vit presque rien dans l'obscurité, sinon des lignes de pluie devant une grosse lampe et des silhouettes humaines qui poussaient des chariots, Maigret se demanda ce qu'il faisait là.
Peut-être s'était-il assoupi un moment dans le compartiment surchauffé ? Il ne devait pas avoir perdu entièrement conscience car il savait qu'il était dans un train; il en entendait le bruit monotone; il aurait juré qu'il avait continué à voir, de loin en loin, dans l'étendue obscure des champs, les fenêtres éclairées d'une ferme isolée. Tout celà, et l'odeur de suie qui se mélangeait à celle de ses vêtements mouillés, restait réel, et aussi un murmure régulier de voix dans un compartiment voisin, mais celà perdait en quelque sorte de son actualité, celà ne se situait plus trés bien dans l'espace, ni surtout dans le temps.
Il aurait pu se trouver ailleurs, dans n'importe quel petit train traversant la campagne et il aurait pu être, lui, un Maigret de quinze ans qui s'en revenait le samedi du collège par un omnibus exactement pareil à celui-ci, aux wagons antiques dont les cloisons craquaient à chaque effort de la locomotive. Avec les mêmes voix, dans la nuit, à chaque arrêt , les mêmes hommes qui s'affairaient autour du wagon de messageries, le même coup de sifflet du chef de gare..."

(Maigret a peur ) Simenon

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:33

LE TRAIN DU NORD
paroles et musique: Félix Leclerc

Dans l' train pour Sainte-Adèle
Y avait un homme qui voulait débarquer
Mais allez donc débarquer
Quand le train file cinquante milles à l'heure
Et qu'en plus vous êtes conducteur!

Oh! Dans l'train pour Sainte-Adèle
Y avait rien qu'un passager
C'était encore le conducteur
Imaginez pour voyager
Si c'est pas la vraie p'tite douleur!

Oh! Le train du nord
Tchou tchou tchou tchou tchou tchou...
Le train du nord au bord des lacs, des p'tites maisons,
Ça vire en rond
Le train du nord c'est comme la mort quand y a personne à bord

Oh! Le train pour Sainte-Adèle
En montant la côte infidèle
Le conducteur et puis l' chauffeur
S' sont décidés à débarquer
Et l' train tout seul a continué

Oh! Le train pour Sainte-Adèle
Est rendu dans l' bout d' Mont-Laurier
Personne n'a pu l'arrêter
Paraîtrait qu'on l'a vu filer
Dans l'firmament la nuit passée

Oh! Le train du nord
Tchou tchou tchou tchou tchou tchou...
Le train du nord a perdu l' nord rendu l'aut' bord
Le train du nord a perdu l' nord et c'est pas moi qui vas l' blâmer
Non, non, non!
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:33

Charles Trenet
Je fais la course avec le train

Paroles et Musique: Charles Trenet 1943

J'aime les passages à niveau
Et leurs maisons sous le lierre.
J'aime cueillir des coqu'licots
Sur la bouche des garde-barrières.
J'aime les disques et les signaux
Et les poteaux télégraphiques
Et, quand je suis sur mon vélo
Dans la campagne magnifique,

Je fais la course avec le train.
Pour ça, je m'lève de bon matin
Voir des visages ensommeillés
Que le p'tit jour a réveillés.
Tous ces visages sont mes amis.
Leurs yeux me parlent de Paris
Et, gentiment, je leur souris,
Je leur souris beaucoup beaucoup.
J'oublie la route et, tout à coup,
Je m'casse le nez sur un caillou.
Je fais la course avec le train,
Oui, mais le train est déjà loin.

J'connais un train bien plus p'tit.
Les vaches aussi le préfèrent.
Il ne passe que le samedi
Mais ce jour-là, faut l'voir faire.
Un jour, de beaux yeux m'ont souri.
C'étaient deux grands yeux bleus d'province
Et deux petites mains m'ont dit :
"Montez, montez, mon gentil prince."

J'ai fait la course avec le train
Et j'ai fait la course avec le train,
Et j'ai compris, compris soudain,
Que je courais après l'amour,
Après l'bonheur, depuis toujours.
J'attends un cœur, deux yeux aussi,
Des yeux d'ailleurs, ou bien d'ici.
J'attends qu'ils me disent : "Nous voici."
"Montez, montez", diront les mains.
"Montez aujourd'hui ou demain."
Pour les trouver sur mon chemin,
Je fais la course avec le train
Et c'est un beau voyage sans fin, sans fin, sans fin.

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:34

Une curiosité... Le discours du poète et député Alphonse de Lamartine, en 1842 , pour que le projet de ligne ferroviaire Marseille- Avignon (futur PLM) passe par Arles...

http://www.patrimoine.ville-arles.fr/images/document/Lamartine_discours.pdf

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:35

La Ville (Emile Verhaeren)

Tous les chemins vont vers la ville.

Du fond des brumes,
Là-bas, avec tous ses étages
Et ses grands escaliers et leurs voyages
Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
Comme d'un rêve, elle s'exhume.

Là-bas,
Ce sont des ponts tressés en fer
Jetés, par bonds, à travers l'air;
Ce sont des blocs et des colonnes
Que dominent des faces de gorgonnes;
Ce sont des tours sur des faubourgs,
Ce sont des toits et des pignons,
En vols pliés, sur les maisons;
C'est la ville tentaculaire,
Debout,
Au bout des plaines et des domaines.

Des clartés rouges
Qui bougent
Sur des poteaux et des grands mâts,
Même à midi, brûlent encor
Comme des oeufs monstrueux d'or,
Le soleil clair ne se voit pas:
Bouche qu'il est de lumière, fermée
Par le charbon et la fumée,

Un fleuve de naphte et de poix
Bat les môles de pierre et les pontons de bois;
Les sifflets crus des navires qui passent
Hurlent la peur dans le brouillard:
Un fanal vert est leur regard
Vers l'océan et les espaces.

Des quais sonnent aux entrechocs de leurs fourgons,
Des tombereaux grincent comme des gonds,
Des balances de fer font choir des cubes d'ombre
Et les glissent soudain en des sous-sols de feu;
Des ponts s'ouvrant par le milieu,
Entre les mâts touffus dressent un gibet sombre
Et des lettres de cuivre inscrivent l'univers,
Immensément, par à travers
Les toits, les corniches et les murailles,
Face à face, comme en bataille.

Par au-dessus, passent les cabs, filent les roues,
Roulent les trains, vole l'effort,
Jusqu'aux gares, dressant, telles des proues
Immobiles, de mille en mille, un fronton d'or.
Les rails raméfiés rampent sous terre
En des tunnels et des cratères
Pour reparaître en réseaux clairs d'éclairs
Dans le vacarme et la poussière.
C'est la ville tentaculaire.
La rue – et ses remous comme des câbles
Noués autour des monuments –
Fuit et revient en longs enlacements;
Et ses foules inextricables
Les mains folles, les pas fiévreux,
La haine aux yeux,
Happent des dents le temps qui les devance.
A l'aube, au soir, la nuit,
Dans le tumulte et la querelle, ou dans l'ennui,
Elles jettent vers le hasard l'âpre semence
De leur labeur que l'heure emporte.
Et les comptoirs mornes et noirs
Et les bureaux louches et faux
Et les banques battent des portes
Aux coups de vent de leur démence.

Dehors, une lumière ouatée,
Trouble et rouge, comme un haillon qui brûle,
De réverbère en réverbère se recule.
La vie, avec des flots d'alcool est fermentée...
_________________

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:36

"...Les voyages offraient encore tout l’inconfort du temps de guerre – train démesurément long, trajet du «compartiment» au wagon-restaurant une longue promenade, la file d’attente là-bas, pour obtenir un repas, une épreuve de patience qui durait parfois des heures, accrue, lorsqu’on touchait déjà au but, par la pénible chaleur des exhalaisons culinaires. Un gentleman d’un certain âge qui devant moi s’était agrippé à la barre métallique de la fenêtre, s’affaissa évanoui. Les gens de la Military Police qui surveillaient le train s’emparèrent de lui et le portèrent au plus vite à l’endroit qui formait l’objet de nos aspirations communes : une table du wagon-restaurant. Grande fut la tentation de l’imiter. Si seulement on pouvait plus facilement, perdre connaissance! Mes sœurs, adolescentes, tombaient en syncope, sans aucune simulation de leur part, lorsqu’elles n’avaient pas envie d’aller à l’église... "

( Thomas Mann )

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:36

Le voyageur
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

"...Te souviens-tu du long orphelinat des gares
Nous traversâmes des villes qui tout le jour tournaient
Et vomissaient la nuit le soleil des journées
Ô matelots ô femmes sombres et vous mes compagnons
Souvenez-vous en

Deux matelots qui ne s'étaient jamais quittés
Deux matelots qui ne s'étaient jamais parlé
Le plus jeune en mourant tomba sur le coté

Ô vous chers compagnons
Sonneries électriques des gares chants des moissonneuses
Traîneau d'un boucher régiment des rues sans nombre
Caalerie des ponts nuits livides de l'alcool
Les villes que j'ai vues vivaient comme des folles

Te souviens-tu des banlieues et du troupeau plaintif des paysages"

...

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

Message  Invité le Mer 28 Nov - 15:36

Un train qui siffle dans la nuit
C'est un sujet de poésie
Un train qui siffle en Bohême
C'est là le sujet d'un poème

Un train qui siffle en mélod'
Ieusement c'est pour une ode
Un train qui siffle comme un sansonnet
C'est bien un sujet de sonnet

Et un train qui siffle comme un hérisson
Ça fait tout un poème épique
Seul un train sifflant dans la nuit
Fait un sujet de poésie

Raymond Queneau

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Re: Poesie, musique, textes, ... sur les trains

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